Le 18 juillet 2025, un groupe d’organisations et de syndicats bien connus de la scène contestataire béninoise a diffusé un appel à manifestation publique pour le 23 juillet prochain. Se disant « indignés » par une prétendue série « d’enlèvements politiques », ces organisations appellent les populations à descendre dans les rues pour exprimer leur mécontentement. Attention à la manipulation.

Le communiqué signé notamment par Aboubakar Baparapé (Odhp), Emma Atikpahoun (Mflpp), Laurent Mètongnon (Fp), Damien Z. Degbé (Cojpp) et Mampo N. Kassa (Cstb), est l’illustration parfaite d’un réflexe d’un autre temps, un automatisme d’agitation hérité d’une époque que les Béninois veulent définitivement révolue.
Qu’on soit clair : la liberté d’expression, d’association et de manifestation est un acquis démocratique fondamental. Cette disposition ne soutient ni le musellement des voix critiques, ni l’étouffement des luttes syndicales, encore moins une allégeance aveugle à un régime, quel qu’il soit. Il ne s’agit pas non plus de diaboliser l’engagement social ou politique.
Mais faut-il rappeler que toute liberté s’exerce avec responsabilité ? Et que l’usage excessif ou calculé d’un droit peut vite devenir une nuisance, voire une manipulation ? C’est justement ce que semble faire ce collectif de protestataires, dont les agitations n’ont, hélas, jamais fait progresser ni la démocratie ni le bien-être du peuple qu’ils disent représenter. Depuis 2016, le Bénin a changé de cap, optant pour un développement sérieux, structurant, orienté vers des résultats concrets. Des réformes audacieuses, une transformation visible des infrastructures, un assainissement institutionnel salué jusque dans les cercles les plus crédibles. La majorité des Béninois a compris que la rue n’est plus un instrument de progrès.
Les manifestations improvisées, les sit-in théâtralisés et les appels à la révolte appartiennent désormais à un passé que personne ne veut revivre. Dans la conscience collective, ces pratiques n’ont apporté que tensions, répressions, blessures, parfois même des pertes humaines. Pourquoi alors vouloir réactiver ces douleurs ?
Justice ou perturbation ?

Le cas évoqué, celui de Hugues Comlan Hugues Sossoukpè, présenté comme « enlevé », est actuellement entre les mains de la justice. S’il est avéré qu’il a été victime d’abus, c’est à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) d’en juger, et non à des activistes perchés sur des tribunes de protestation. Pourquoi ne pas lui commettre les meilleurs avocats plutôt que d’agiter la rue ? Ce qui dérange dans l’appel du Codb, de la Cstb, du Front patriotique ou de l’Odhp, c’est ce goût tenace pour le bruit, ce refus chronique de la méthode du dialogue, ce mépris affiché pour la voie institutionnelle. Le Bénin ne veut plus du tintamarre syndical tous azimuts, ni de la surenchère idéologique qui empêche d’avancer. Le pays construit. Le pays s’ouvre. Le pays attire. Il n’est pas question de mettre tout cela en péril au profit d’une poignée d’activistes trop pressés de rejouer leur vieux disque contestataire.
Rétrograder le Bénin ?

dans la manipulation
Replonger les populations dans des manifestations improvisées, c’est faire reculer le pays. C’est mettre en danger la stabilité, faire fuir les investisseurs, déstabiliser les institutions, sacrifier des vies, effacer les efforts de développement urbain, et surtout détourner les jeunes de la culture du travail. Ce serait un retour regrettable aux années sombres. Et puis, posons une question simple : pourquoi les signataires de cet appel ne disent rien du sort de milliers de jeunes détenus pour des faits de droit commun ? Faut-il avoir une étiquette politique pour mériter compassion et mobilisation ? Cette indignation sélective est indigne d’un collectif qui prétend défendre les droits humains. Nous n’avons pas besoin d’un pays figé dans la peur ou dans l’agitation permanente. Le Bénin a besoin d’oppositions constructives, de syndicats sérieux, d’activistes stratèges et de critiques crédibles. Pas d’agitateurs chroniques.
Alors, ces hommes et femmes habitués des mégaphones, doivent noter ceci : le temps est au dialogue, pas à la confrontation. Le peuple béninois n’est plus dupe. Il a pris goût au calme, à la paix, au progrès. Il ne descendra plus dans les rues pour des causes floues, dictées par des intérêts personnels ou des ambitions politiques frustrées. L’histoire ne pardonnera pas à ceux qui ont voulu tirer le pays vers l’arrière. Le Bénin mérite mieux. Et les Béninois aussi.
Abdourhamane Touré






















