Le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, a procédé le jeudi 5 novembre 2026 à l’ouverture des travaux de la réunion inaugurale du troisième groupe de travail du Schéma de libéralisation des échanges de la Cédéao (Slec), à Cotonou. Il a invité les experts à proposer des solutions concrètes aux entraves qui freinent encore la circulation des marchandises dans l’espace communautaire.
Faire de la libre circulation des biens une réalité au-delà des engagements communautaires. C’est le défi auquel est appelé à répondre le troisième groupe de travail du Schéma de libéralisation des échanges de la Cédéao (Slec), dont la réunion inaugurale s’est ouverte à Cotonou. Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, a insisté sur la nécessité de passer des textes aux actes pour faciliter les échanges commerciaux entre les États membres.
Pour illustrer les difficultés auxquelles sont confrontés les opérateurs économiques, le ministre a évoqué deux situations concrètes. « Un camion chargé de marchandises qui prend le départ de Lagos pour se rendre à Djougou devrait pouvoir le faire sans subir des tracasseries aux différentes frontières », a-t-il souligné. De même, une entreprise industrielle installée au Bénin et désireuse de commercialiser ses produits au Nigeria devrait pouvoir accéder librement à ce marché.
Or, cette fluidité reste encore loin d’être une réalité. « Nos textes sont bien pensés, sont bien révisés, mais dans la mise en œuvre, il y a énormément de défis », a reconnu Aristide Médénou. Pour lui, l’enjeu est désormais de corriger les dysfonctionnements qui empêchent les acteurs économiques de tirer pleinement profit du marché régional.
Des résultats concrets attendus
C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit l’installation de cette troisième génération du groupe de travail. Le ministre a félicité ses membres ainsi que ceux des précédentes équipes, tout en les exhortant à faire preuve d’efficacité. Il les a notamment invités à produire des recommandations susceptibles d’apporter des réponses pratiques aux difficultés liées à la circulation des biens et des marchandises dans l’espace communautaire. « Nous resterons attentifs aux conclusions de vos travaux », a-t-il assuré, insistant sur l’exigence de résultats tangibles. Cette orientation rejoint les préoccupations exprimées par la Commission de la Cédéao, qui relève la persistance de plusieurs entraves à savoir contrôles routiers inutiles, tracasseries, lourdeurs administratives, retards aux frontières et interprétations divergentes des règles d’origine. Autant de pratiques qui augmentent les coûts de transport, pénalisent les entreprises et fragilisent la compétitivité des économies ouest-africaines.
L’ambition communautaire est pourtant considérable. Alors que le commerce intracommunautaire représente actuellement environ 13 % des échanges, la Cédéao vise un taux de 50 % à l’horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, le nouveau groupe de travail devra contribuer à identifier les principaux blocages et à proposer des mesures mesurables pour améliorer la fluidité des échanges. Le choix du Bénin pour accueillir cette rencontre revêt également une portée particulière. Le président de la République, Romuald Wadagni, a été désigné champion de la libre circulation des personnes et des biens au sein de la Cédéao. Une reconnaissance qui renforce les attentes placées dans le pays pour accompagner cette dynamique d’intégration régionale.
En déclarant officiellement ouverts les travaux, Aristide Médénou a ainsi placé les participants devant une responsabilité majeure. Celle de faire de la libre circulation une réalité quotidienne pour les commerçants, les industriels et les populations ouest-africaines.
Sergino Lokossou




















