Sous le leadership éclairé de son président Nicodème Glinman, l’Ong Dagbédofassi a organisé, le samedi 5 septembre 2026, sur le terrain de sport de Kpozoun, la 2ème édition de distribution de kits scolaires aux enfants adeptes et fils de dignitaires du culte Vodoun. Placée sous le thème « Le Vodoun n’enferme pas les enfants, il les encourage à aller à l’école pour mieux défendre leur culture authentique », la cérémonie a réuni plusieurs dignitaires, cadres et acteurs communautaires autour d’un même idéal, celui de faire de l’éducation un pilier de la transmission culturelle.
L’Ong Dagbédofassi poursuit ainsi son engagement pour la scolarisation et la réussite des enfants issus des familles vodoun. Après une première année d’activités marquée par la mise en place de structures locales et la distribution de kits scolaires, l’organisation dresse un bilan prometteur : 300 enfants bénéficiaires ont été admis aux différents examens et passent en classe supérieure. « L’année passée, c’était le début de nos activités », rappelle Baba Dannon Guédou, Secrétaire général de l’Ong. « Nous voulons pérenniser la culture et l’héritage traditionnel tout en favorisant l’éducation. » Les kits offerts sont composés de fournitures essentielles, adaptées à chaque niveau scolaire : cahiers, stylos, règles, gommes, pots de colle, uniformes kaki, calculatrices et matériels de dessin. « Le kit d’un élève du CP n’est pas le même que celui d’un élève de seconde. L’objectif, c’est que l’enfant ait tout le nécessaire pour l’année », précise Baba Dannon Guédou. Mais au-delà du matériel, Dagbédofassi mène un combat contre les préjugés qui opposent le Vodoun à l’école. L’organisation prône une éducation inclusive, où la connaissance devient un moyen de valoriser la culture endogène. « Nous voulons que les premiers de la commune soient issus de nos rangs », affirme le Secrétaire général. Grâce à un suivi rigoureux : visites dans les écoles, récupération des bulletins, échanges avec les enseignants et séances de rattrapage, l’Ong a enregistré un taux de réussite de 80 % parmi les enfants suivis.
Vers une prise en charge complète des meilleurs élèves
Fonctionnant jusqu’ici sur fonds propres et cotisations de ses membres, Dagbédofassi appelle désormais les décideurs politiques et les partenaires à soutenir son œuvre éducative et culturelle. « Nous espérons que l’État et les donateurs nous accompagneront pour pérenniser cette initiative », plaide Baba Dannon Guédou. L’Ong prépare déjà une nouvelle étape ambitieuse : la prise en charge complète des meilleurs élèves, avec une allocation mensuelle, une inscription dans de meilleures écoles et un accompagnement jusqu’au baccalauréat.
Cette vision s’inscrit dans une logique de promotion de l’excellence et de pérennisation du culte Vodoun. Pour Dagbédofassi, former des enfants instruits issus des familles de dignitaires, c’est garantir que les valeurs du Vodoun trouvent leur place dans les instances de décision et le développement du pays. Ouverte à toute collaboration, l’Ong invite les passionnés du Vodoun, les fils et filles de dignitaires et les organisations partageant la même vision à se joindre à elle. « Nous ne refusons de travailler avec personne », conclut Baba Dannon Guédou. Avec cette initiative, Dagbédofassi trace la voie d’un Vodoun moderne, éclairé et porteur d’avenir, où la culture et l’éducation s’unissent pour bâtir une société plus forte et plus fière de ses racines.
Un pont entre tradition et éducation
Parmi les invités, Simon Agbéva, président du Cadre de concertation des organisations de la société civile de Za-Kpota, a salué une initiative qu’il qualifie de « tournant historique ». « C’est une joie incommensurable pour nous », confie-t-il. « Jadis, les enfants de féticheurs ne fréquentaient pas l’école. On leur disait que s’ils étudiaient, ils s’éloigneraient de la voie de leurs ancêtres. Aujourd’hui, voir l’Ong Dagbédofassi soutenir ces enfants est une grande avancée pour la promotion de nos cultures endogènes. » Pour lui, cette démarche ouvre une nouvelle ère où le savoir devient un outil de valorisation du Vodoun. « Lorsqu’un enfant est lettré, il cherche à développer ce secteur. Avant, les adeptes du Vodoun vivaient souvent dans la précarité. Aujourd’hui, on voit des signes de prospérité, et cette initiative va renforcer cette dynamique. »
Un appui vital pour les familles démunies
Même son de cloche chez Dah Kinman Adihotogbé Adjakidjè, dignitaire invité à la cérémonie. Il a exprimé sa gratitude envers l’Ong pour son engagement constant. « Je l’ai dit l’année dernière, l’Ong soulage les parents. Cette action est fondamentale pour les familles démunies qui ne peuvent pas tout fournir à leurs enfants. Dans la conjoncture actuelle, l’apport de Dagbédofassi est une véritable bouffée d’oxygène. » Selon lui, cette initiative ne se limite pas à une aide matérielle : elle contribue à l’épanouissement des enfants des Vodounons et des Bokonon, longtemps marginalisés dans le système éducatif. « Autrefois, les enfants de dignitaires vodoun avaient peu de chances d’aller à l’école. Aujourd’hui, grâce à cette Ong, les parents sont encouragés à scolariser leurs enfants, et les résultats sont visibles. » Le dignitaire a également plaidé pour l’extension des actions de Dagbédofassi à d’autres communes, notamment à Abomey, où il affirme que les communautés sont prêtes à accueillir cette initiative. Il a aussi invité l’Ong à penser aux apprentis, souvent confrontés à des difficultés pour s’installer ou poursuivre leur formation.
La porte-parole des bénéficiaires, Catherine Hakpon, a exprimé la reconnaissance des enfants envers leurs donateurs et pris l’engagement, au nom de ses pairs, de travailler avec assiduité pour mériter davantage ce soutien. De son côté, Baba Alinhlénon, représentant des parents, a promis de renforcer le suivi des enfants à la maison afin de garantir de meilleurs résultats scolaires. À travers ces témoignages, l’Ong Dagbédofassi s’affirme comme un acteur clé de la promotion de l’éducation et de la culture endogène. Son action, saluée par les dignitaires et les leaders communautaires, illustre une conviction forte : le Vodoun et l’école ne s’opposent pas, ils se complètent pour bâtir une société éclairée et fière de ses racines.
Zéphirin Toasségnitché

















