Les habitants du village de Sèhomi Kogbomey dans l’arrondissement de Possotomé, Commune de Bopa craignent le pire. Et pour cause, un couvent du culte Oro est installé sur le domaine privé d’une collectivité où était déjà érigée la divinité Sakpata. La situation risque de semer un trouble à l’ordre public si rien n’est fait par les autorités.
Les difficultés sont apparues dans le village Sèhomi Kogbomey lorsqu’un groupe de jeunes avec à sa tête le chef du village a entrepris une construction sur un domaine privé situé juste derrière la divinité Sakpata d’une autre collectivité. Autrefois, l’endroit était un espace sur lequel les anciens de la collectivité ont érigé la divinité Sakpata. Le domaine concédé gracieusement à des parents du chef de village, a commencé par être occupé petitement par ces derniers qui ont occupé presque la totalité de l’espace pour finalement laisser la divinité dans une portion congrue. Jusque-là aucun problème ne s’est posé mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’occupation presque totale du domaine au détriment de la collectivité à qui appartient l’espace. La quasi-totalité du domaine a été clôturée malgré l’opposition de la collectivité détentrice du droit de propriété. La situation a fait monter le mercure au point où le chef d’arrondissement de Possotomé a été sollicité en médiateur. Pour réconcilier les deux parties, la collectivité a fait également appel à l’Association de développement de Sèhomi (Ads) dont le bureau s’est déplacé sur les lieux dans la matinée du samedi 5 avril 2025. Les échanges n’étaient pas du tout tendres et courtois. Suivant les explications du chef du village, c’est un oracle qui a recommandé l’installation de la divinité Oro à cet endroit qui abritait depuis plus de 200 ans la divinité Sakpata de la collectivité. Ce qui dérange dans l’affaire, selon nos informations, c’est que l’endroit n’est ni la propriété du chef du village ni celle du groupe des adeptes de la divinité Oro. Les explications de Dame Aguêvou de la collectivité ont permis d’établir clairement le droit de propriété de la collectivité mais le chef du village et son groupe s’obstinent à ériger surplace et en plein cœur du village, le couvent de la divinité.
Le village a également connu plusieurs cas de disparitions mystérieuses (au moins trois d’après plusieurs sources) sans que le chef du village en place depuis plus de trente (30) ans n’ait mené de démarches pour élucider les circonstances de leur mort. Pire, aucune procédure ni enquête n’a été été diligentée pour retrouver les personnes disparues.
Non satisfaits de la médiation de l’Ads, les membres de la collectivité ont décidé de porter l’affaire devant les juridictions compétentes pour que le droit soit dit que justice leur soit rendue. En attendant, il urge que les autorités de l’arrondissement de Possotomé, de la Commune de Bopa, du département du Mono et du Bénin en général s’autosaisissent de ce dossier pour éviter le pire aux habitants.
Abdourhamane Touré
Le Matinal du 14 septembre 2022

















