Compositeur, arrangeur, musicien, chanteur, Gabi est tel un métronome dans le milieu musical surtout béninois, sans le prétendre pour autant. A l’Etat civil Gabriel Stéphane Henry Dagbétondé. « Je préfère Gabriel parce que c’est le seul prénom qui me fait ressembler à un ange », ironise l’arrangeur. Mais, sur scène, c’est bien ce qu’il est : un ange. Il sait diriger un orchestre à l’œil, il sait chanter, il sait jouer de la guitare. Pas étonnant ce talent musicalement plein, au regard du parcours de l’artiste.
Fils d’un pasteur méthodiste et d’une choriste maître de chœur, Gabi a connu une éducation dans la rigueur et la justesse musicale. « A l’âge de 5 ans, je connaissais des cantiques par cœur et je connaissais les quatre voix de chaque pupitre. Je pouvais déchiffrer les partitions de chaque pupitre », confie l’artiste. Il a commencé par jouer de la flûte avec la chorale. Au collège, son intérêt pour la musique a trouvé du répondant dans les coopératives scolaires, un programme d’éducation artistique. Admis à l’université, le jeune étudiant ne s’est pas contenté de faire des études de Droit à l’Université d’Abomey-Calavi dont il sort titulaire d’une Licence. Il a intégré le mythique Ensemble artistique et culturel des étudiants (Eace) comme bassiste de la section des « K-seurs ». Et, parallèlement, ce prodige de la musique forme, avec des copains addicts de la même passion, le trio dénommé « Atonx ». Le groupe est très vite repéré et invité 1999 à la deuxième édition du Festival panafricain de musique (Fespam) à Brazzaville par son commissaire. Atonx enchaine ainsi scènes et rencontres. Directeur artistique et coach vocal de beaucoup d’artistes et groupes de l’arène musicale béninoise comme Ardiess Posse, Rabi Slow, H2O, Teriba, entre autres, Gabi a mis son savoir-faire au service de ses compères qui n’ont de cesse de le solliciter dès le début des années 2000. En 2009, il monte le désormais célèbre orchestre de la Sobébra dont il assure la direction artistique des plateaux.
Aujourd’hui, l’artiste se concentre sur sa propre carrière musicale et passe de Gabi à Yonnah. Il sera toujours le descendant d’Henry né le 20 novembre 1977 à Porto-Novo mais s’appelle désormais Yonnah. Yonnah qui signifie Bénédiction(s), Grâce(s) en langue nationale Fon. Peut-être pour assumer la bénédiction qu’il est et sera aux mélomanes. Peut-être pour se faire cadeau à sa société. Yonnah est adepte de ce qu’il appelle « fusion musicale », du mi-tradi mi-ambiance. « Je pars toujours des rythmes de chez moi et je me bats pour ce que j’appelle le vernaculaire. C’est-à-dire qu’il faut absolument que les musiques ressemblent aux origines de ceux qui les font. Il ne sert à rien d’être de l’Ouest et de reproduire quelque chose de l’Est. Pour moi, chaque culture, chaque ethnie a quelque chose à apporter à l’universalité de la musique », déclare-t-il, l’air très sérieux. Son album viendra illustrer cet engagement et cette orientation artistique.
Abdourhamane Touré




















