(Appel à une prise de conscience générale)
Dans le cadre de la Semaine mondiale pour le bon usage des antibiotiques, la Société béninoise de pathologie infectieuse et tropicale (Sobépit), en collaboration avec la Direction générale de la médecine hospitalière et des explorations diagnostiques (Dgmhed) et le laboratoire Pfizer, a organisé le vendredi 21 novembre 2025 à Cotonou, un symposium sur le thème : « Leçons apprises des approches innovantes de lutte contre la résistance aux antimicrobiens au Bénin ». Un symposium pour tirer des leçons et améliorer les pratiques.
Cette rencontre, faite d’échanges de haut niveau, vise à sensibiliser, former et renforcer la coordination des professionnels de santé dans la lutte contre la Ram au Bénin. Les interventions ont insisté sur l’importance de la prise de conscience, de l’engagement de chacun et de la collaboration multisectorielle pour atteindre cet objectif. Le Professeur Cossi Angelo Attinsounon, président de la Sobépit, a donné au cours du symposium l’alerte sur l’ampleur de la résistance aux antimicrobiens (Ram), qu’il qualifie de la « nouvelle pandémie et tueuse silencieuse ». Il a partagé avec les participants à ce symposium, les résultats très préoccupants, issus des travaux de recherche qu’il a fait avec son équipe au Bénin. Toutes les présentations ont mis en exergue l’ampleur de la situation au niveau national. Il a souligné l’importance d’un engagement collectif : « Nous devons nous sentir tous concernés, être des ambassadeurs dans nos différents hôpitaux pour le bon usage des antimicrobiens ». À en croire ses propos, la problématique de la Ram concerne tout le monde, les professionnels de santé humaine, animale et environnementale, la population générale et particulièrement les patients. Il rappelle par ailleurs que dans les contextes où l’hygiène hospitalière est défaillante, on assiste à des épidémies nosocomiales de bactéries multirésistantes avec une mortalité très élevée. « Lorsque les soins deviennent dangereux pour le patient, l’hôpital n’a plus sa raison d’exister», a-t-il conclu.
Edmond Kouadio, représentant du laboratoire Pfizer pour le programme Accor, a rappelé l’importance de l’accès équitable aux soins et des partenariats pour lutter contre la Ram : « Notre situation géographique ne devrait pas impacter la qualité de nos soins, ni nos revenus en déterminer l’aboutissement. Nous sommes aujourd’hui à ce symposium pour soutenir la Sobépit dans le noble travail qu’elle fait dans la lutte contre la Ram au Bénin ». Il a également insisté sur le rôle de Pfizer dans la formation continue, la recherche et l’amélioration de la qualité des soins des patients au Bénin.
Engagement collectif
Le Professeur Francis Moïse Dossou, directeur général de la médecine hospitalière, a interpellé les participants : « Avons-nous une chance de gagner la bataille contre la résistance aux antimicrobiens ? Tout seul, nous ne pouvons rien. Nous devons compter sur chacun d’entre vous ». Il a mis en garde contre l’utilisation excessive et non contrôlée des antibiotiques, comparant cette pratique à une vaccination des microbes. « À force d’utiliser les antibiotiques de façon inappropriée, et sans attention, nous vaccinons les microbes ». Le professeur a exhorté les professionnels de santé à agir comme des joueurs d’échecs, s’appuyant sur les données scientifiques et l’expérience pour mieux protéger les patients aujourd’hui et demain. L’événement a ainsi permis aux participants de mieux comprendre les enjeux de la résistance aux antimicrobiens et de repartir avec des pratiques à mettre en œuvre dans leurs structures respectives.
S.L.




















