En l’espace d’une décennie, le paysage énergétique du Bénin a subi une métamorphose sans précédent. Longtemps tributaire de ses voisins, le pays a brisé le cycle de la dépendance sous l’impulsion des réformes de Patrice Talon. Entre l’inauguration de la centrale Maria-Gléta II, l’essor du solaire et l’alimentation stratégique de la zone industrielle de Glo-Djigbé, le Bénin ne se contente plus de consommer : il produit, il sécurise et il bâtit son avenir industriel sur un réseau désormais robuste et souverain.
Il n’y a pas si longtemps, le quotidien des Béninois était rythmé par l’incertitude. Le délestage, ce mot devenu tristement familier, freinait les ambitions des entrepreneurs, perturbait les foyers et maintenait l’économie nationale sous le joug de la dépendance énergétique. En 2016, le diagnostic était sans appel : avec plus de 90 % d’électricité importée, le Bénin était un pays à la lumière vacillante. Sous l’impulsion du président Patrice Talon, cette fatalité a été balayée par une stratégie de rupture. L’objectif n’était plus seulement de réparer le réseau, mais de le refonder. En dix ans, le pays est passé d’une gestion d’urgence à une politique de souveraineté. Le symbole de ce renouveau s’appelle Maria-Gléta II. Une centrale thermique de 127 Mw qui, dès son inauguration en 2019, a marqué l’entrée du Bénin dans l’ère de la production de masse. Mais le sacre dont il est question ici dépasse le seul cadre du béton et des turbines. Il s’agit d’une transformation systémique où la rigueur technique rencontre l’audace politique. En diversifiant son mix énergétique grâce au soleil de Pobè et d’Illoulofin, et en ouvrant grand les portes aux investissements privés, le gouvernement a créé un environnement où l’énergie n’est plus un luxe, mais le moteur fiable d’une nation en pleine industrialisation. À la Gdiz de Glo-Djigbé comme dans les foyers les plus reculés, le courant ne fait plus que passer, il s’installe durablement.
Réformes institutionnelles
Le gouvernement a mis en place un cadre réglementaire attractif pour moderniser la gestion du secteur. Il y a le nouveau code de l’électricité, un texte qui encourage l’investissement privé et libéralise certains segments du marché pour stimuler la concurrence et l’efficacité. A cela s’ajoute la mise en œuvre d’une stratégie dédiée à la maîtrise de l’énergie et à l’intégration des sources propres dans le mix national. Une approche technocratique a été également instaurée pour évaluer régulièrement l’avancement des projets et l’utilisation des fonds publics. Le Bénin a mobilisé des ressources massives (une partie des 9 000 milliards Fcfa investis globalement dans les infrastructures) pour combler son déficit énergétique. Pour augmenter la production, il y a la construction de centrales thermiques (comme Maria-Gléta) et développement de parcs solaires photovoltaïques pour réduire la dépendance aux importations. Des Travaux d’extension et de réhabilitation des réseaux de distribution pour améliorer la qualité de la fourniture électrique et réduire les délestages ont été faits. Enfin, il y a le déploiement d’une stratégie nationale visant à raccorder les localités les plus isolées par des mini-réseaux ou des solutions hors réseau. En dix ans, le Bénin est passé d’une situation de pénurie chronique à une trajectoire d’autonomie progressive, soutenue par une hausse de son budget d’investissement de 33 % entre le premier et le second mandat de Patrice Talon.
Révolution structurelle
L’évolution du Bénin sous Patrice Talon peut être qualifiée de véritable révolution structurelle. En 2016, le pays était marqué par une dépendance critique (plus de 90 %) vis-à-vis des importations d’électricité du Nigeria et du Ghana, plongeant les foyers et les entreprises dans des délestages chroniques. Trois piliers importants illustrent les bonds historiques réalisés par le Bénin. Il s’agit de passage du statut de consommateur à celui de producteur. Le premier grand succès a été de redonner au Bénin sa dignité énergétique. En construisant des infrastructures en un temps record (notamment Maria-Gléta II et les parcs solaires de Pobè), le pays a multiplié sa capacité de production propre. Aujourd’hui, le Bénin est capable de couvrir une part majoritaire de sa demande aux heures de pointe, réduisant ainsi sa vulnérabilité aux coupures régionales. Au deuxième palier, nous avons le pari gagnant du mix énergétique. Contrairement à une vision court-termiste, la stratégie Talon a su anticiper la transition écologique. En intégrant massivement le solaire photovoltaïque (projet Defissol, centrales d’Illoulofin), le gouvernement a stabilisé le coût de production tout en sécurisant l’approvisionnement. Ce passage d’une énergie 100 % thermique à un mix diversifié est un gage de durabilité économique. Enfin, il y a la rigueur comme levier de confiance. Au-delà du béton et des câbles, le bond est aussi institutionnel. La séparation des rôles entre le régulateur (Are) et les opérateurs (Sbee, Ipp) a créé un climat de confiance pour les investisseurs internationaux (Banque Mondiale, Afd, Millennium Challenge Account). Le Bénin n’est plus vu comme un marché risqué, mais comme un modèle de réformes réussies en Afrique de l’Ouest. C’est dire que sous Patrice Talon, l’énergie est passée d’un problème social à un levier de développement industriel. La question n’est plus de savoir si on aura du courant, mais comment optimiser son coût pour transformer l’économie locale.
Perspectives d’exportation d’énergie vers les pays voisins
L’ambition du Bénin d’ici 2030 est de passer du statut d’importateur à celui d’acteur clé du marché régional de l’électricité en Afrique de l’Ouest. Cette perspective repose sur deux piliers stratégiques : l’augmentation massive de la production propre et le renforcement des interconnexions régionales. Le Bénin abrite désormais le cœur technologique de l’intégration énergétique sous-régionale. Le centre d’Information et de coordination (Cic). Inauguré à Abomey-Calavi, ce centre permet de surveiller en temps réel le réseau interconnecté des 14 pays membres de la Cédéao et de faciliter les transactions commerciales d’électricité entre acheteurs et vendeurs. Cette infrastructure positionne le pays comme la « capitale » du marché régional, prête à administrer les flux d’énergie du Sénégal au Nigeria. Pour exporter ses futurs surplus, le Bénin investit dans des lignes de transport à haute tension à savoir la ligne 330 kV Nigeria–Bénin–Togo. Ce projet vise à accroître les capacités d’échanges électriques et à stabiliser le réseau entre ces trois voisins. Le projet de la dorsale Nord. Une ligne de 330 kv longue de 842 km est prévue pour relier le Nigeria, le Bénin, le Niger et le Burkina Faso, permettant ainsi des flux d’énergie multidirectionnels selon les besoins des pays. Bien que le Bénin soit encore ponctuellement tributaire du Nigeria pour certains besoins bilatéraux, la trajectoire est claire : le pays vise un taux d’accès à l’électricité de 85 % (contre 57 % actuellement) et une capacité installée totale de 794 Mw, dont 53 % issus des énergies renouvelables. Une fois la demande domestique et industrielle (Gdiz) totalement sécurisée, ces infrastructures permettront d’injecter les excédents de production solaire et thermique dans le réseau du Wapp.
En définitive, le Bénin ne se contente plus de sortir de l’ombre ; il s’apprête à éclairer ses voisins. En l’espace de deux mandats, le pays a transformé sa plus grande faiblesse en un levier de puissance régionale. L’autonomie atteinte n’est qu’une étape : avec la montée en puissance de son mix énergétique et la modernisation de ses interconnexions, le Bénin se positionne désormais comme un carrefour stratégique du marché régional de l’électricité de la Cédéao.
Hier importateur vulnérable, le Bénin de 2026 s’affirme aujourd’hui comme un futur exportateur net, prêt à injecter ses surplus de mégawatts dans le réseau ouest-africain. Le sacre de la production nationale n’est pas seulement une victoire domestique, c’est le signal fort d’une nation qui a pris les commandes de son destin et qui, désormais, possède l’énergie de ses ambitions.
Sergino Lokossou


















