L’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) a officiellement présenté, hier mardi 11 novembre 2025, le Rapport 2023 sur l’état du secteur de la santé au Bénin. La cérémonie de présentation s’est tenue au Palais des Congrès de Cotonou. Ce document, élaboré sur plus d’un an, est une analyse rigoureuse des données couvrant la dernière décennie, visant à éclairer les politiques publiques en vue de la couverture sanitaire universelle.
Dr Jean Konan Kouamé, Représentant résident de l’Oms au Bénin et chef de file des Ptf, a introduit le rapport comme le résultat d’un travail participatif et rigoureux, couvrant toutes les dimensions du système de santé, de la gouvernance au financement. Il a transmis les félicitations du directeur régional de l’Oms pour l’Afrique, qui qualifie le rapport de « modèle de bonne pratique, illustrant comment la production et l’analyse des données peuvent orienter efficacement les politiques publiques de santé ». Dr Jean Konan Kouamé a souligné que le rapport est publié à un moment charnière et se positionne comme un « outil stratégique majeur pour la prise de décision », tout en confirmant l’engagement des partenaires à accompagner le Bénin dans la mise en œuvre de ses recommandations et du Plan national de développement sanitaire. À sa suite, le Professeur Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, a qualifié le document de référence, qui traduit la volonté du gouvernement de fonder ses politiques sur des « données probantes et des évaluations indépendantes ». Il a rappelé les avancées majeures des dix dernières années avec sur le plan infrastructurel et technologique, la construction du Centre hospitalier international de Calavi (Chic), la réhabilitation de centres de santé, l’acquisition de plus de 250 ambulances neuves, et l’introduction de l’Imagerie par résonance magnétique (Irm) dans le pays. Au niveau des ressources humaines le ministre Hounkpatin a rappelé le doublement du personnel qualifié, passant de 6 à 12 agents pour 10 000 habitants entre 2016 et 2025. Il n’a pas manqué de souligner que l’état a procédé à la régulation du secteur de la Santé avec la fermeture de plus de 340 établissements de santé illégaux et la création de l’Agence nationale de la maintenance hospitalière. Malgré ces succès, le ministre a insisté sur les défis soulevés par le rapport : le système demeure sous pression face aux problèmes de financement, au manque de ressources humaines qualifiées, et à la transition épidémiologique marquée par la recrudescence des maladies non transmissibles (diabète, hypertension, cancer).
Maintenir le cap et améliorer la disponibilité des données
Clôturant la cérémonie, Dr Lucien Dossou-Gbété, président de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars), a exprimé sa gratitude au président Patrice Talon pour avoir rendu possible la production de ce « tout premier rapport ». Il a également soulevé une préoccupation importante : la nécessité d’améliorer la disponibilité, la collecte et l’utilisation des données, invitant toutes les parties à maintenir le cap afin que les prochains rapports bénéficient d’une « convergence accrue des expertises ». L’ensemble des intervenants a formulé le vœu que ce rapport serve de boussole commune pour intensifier les efforts et faire du droit à la santé une réalité pour chaque citoyen béninois.
Karol B. Sékou (Coll)




















