La lutte contre le terrorisme au Bénin est devenue, en 2026, une priorité nationale absolue face à la pression croissante des groupes extrémistes (Gsim et État islamique) à ses frontières nord. Pour y répondre, le gouvernement a adopté une approche holistique combinant renforcement militaire, coopération internationale et soutien social.
Le Bénin, confronté depuis 2019 à une menace djihadiste croissante dans sa partie septentrionale, a intensifié sa lutte contre le terrorisme par le renforcement des capacités de ses forces de défense (équipements, formation) et des partenariats stratégiques (France, Usa, pays voisins). La stratégie combine réponses militaires, sécurisation des populations locales et coopération. Le pays a considérablement musclé ses Forces armées béninoises (Fab). Un nouveau concours pour le recrutement de 750 jeunes est organisé pour l’année 2026 afin de renforcer les effectifs sur le terrain. L’armée intègre désormais des technologies de pointe, notamment des drones de combat fournis par la Chine et plus d’un milliard de Fcfa de matériels militaires offerts par les États-Unis en décembre 2025. L’ouverture en 2024 de l’Académie logistique de Ouidah (Alo), soutenue par des partenaires européens, permet de former des officiers à la maintenance technique et aux tactiques modernes.
Coopération régionale et internationale
Conscient que la menace est transfrontalière, le Bénin multiplie les alliances. A ce titre, les chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France se sont réunis le 19 mars 2026 pour sceller un bloc commun face à l’insécurité sous-régionale. Des pactes de coopération militaire ont été signés avec le Niger et le Nigéria pour coordonner les patrouilles aux frontières. L’opération Mirador permet de sécuriser les parcs nationaux (W et Pendjari) tout en cherchant à recréer un lien de confiance avec les populations locales. Le gouvernement ne se limite pas à la force brute et s’attaque aux racines de la radicalisation. En partenariat avec le Pnud, des programmes luttent contre l’extrémisme violent en investissant dans le développement des zones vulnérables du Nord. Un mécanisme de prise en charge psychologique a été rendu prioritaire en 2025 pour les soldats déployés, afin de traiter les traumatismes liés aux combats. Par ailleurs, l’Onu a salué les efforts du pays pour accélérer les procédures judiciaires liées au terrorisme tout en respectant les standards internationaux.
Face à une pression sécuritaire sans précédent dans ses régions septentrionales, le Bénin a radicalement transformé sa stratégie de défense. En ce début d’année 2026, le pays ne se contente plus d’une posture réactive, mais déploie un véritable « bouclier technologique et humain » pour verrouiller ses frontières. L’armée béninoise a franchi un cap majeur dans la guerre asymétrique grâce à l’intégration de vecteurs aériens modernes. Le gouvernement a officiellement lancé le recrutement d’opérateurs de drones en avril 2025 pour piloter de nouveaux équipements, notamment des drones de combat fournis par la Chine. En mars 2025, le Bénin a réceptionné un avion militaire de surveillance offert par l’Union européenne dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix, renforçant les capacités de détection précoce dans les parcs nationaux W et Pendjari.
Artillerie et matériel de pointe
Le renouvellement de l’arsenal terrestre est tout aussi stratégique. La Chine a cédé d’importantes pièces d’artillerie en 2024. Pour garantir leur efficacité, un détachement d’instructeurs chinois a formé les artilleurs béninois jusqu’en mars 2025 sur la maintenance et le ciblage précis. En décembre 2025, les États-Unis ont remis au Bénin plus d’un milliard de Fcfa de matériels militaires destinés à renforcer l’interopérabilité et la préparation des troupes au front. L’armée de l’air a également renforcé sa flotte avec des hélicoptères légers (H125) pour faciliter les évacuations sanitaires et le déploiement rapide de commandos. La technologie ne remplace pas l’homme. Le gouvernement a lancé un plan ambitieux de renforcement des effectifs. 1 850 recrues sur deux ans. Après 850 intégrations en 2025, un nouveau concours est ouvert en 2026 pour recruter 750 jeunes supplémentaires au sein des Forces armées béninoises (Fab). L’armée recherche désormais des compétences pointues : mécaniciens, électriciens automobiles et techniciens en maintenance solaire pour soutenir les bases avancées dans le Nord.
Un contexte de résilience face à l’épreuve
Cette modernisation intervient après une année 2025 particulièrement meurtrière, marquée par la perte de 28 soldats en janvier et 54 militaires en avril lors d’attaques dans la région du Point Triple. Malgré ces défis, l’armée a récemment enregistré des succès, neutralisant notamment 17 terroristes lors d’une attaque déjouée en mars 2026. Malgré ces efforts, la situation reste tendue. En janvier 2025, une attaque majeure a coûté la vie à 28 soldats dans le nord du pays. En avril 2025, 54 membres des forces de sécurité ont également péri lors d’attaques coordonnées dans la région du Point triple. Les autorités maintiennent donc un niveau d’alerte élevé, particulièrement dans les départements de l’Alibori et de l’Atacora. En combinant diplomatie active illustrée par le sommet tripartite Bénin-France-Côte d’Ivoire du 19 mars 2026 et investissements massifs, le Bénin s’affirme comme un acteur résolu de la stabilité régionale.
Sergino Lokossou


















