(Ils appellent le chef de l’État au secours)
L’ouverture d’une carrière de sable à Podji-Adanmè, une zone de maraîchage et de développement de cocotiers, suscite des remous. Voyant leurs activités agricoles et leurs terres menacées de disparition, maraîchers et populations tirent la sonnette d’alarme et appellent le président de la République, Romuald Wadagni, et son gouvernement, au secours. Pour eux, l’exploitation d’une carrière de sable dans leur village pourrait engendrer des conséquences sociales sur leurs activités. Malgré les négociations des autorités communales, la tension est vive sur le terrain.
Le village de Podji-Adanmè dans la Commune de Sèmè-Podji est actuellement sous l’orage. Maraîchers et populations, s’opposent radicalement à l’installation d’une carrière de sable sur leur territoire. Déjà dans la soirée du dimanche 16 août 2026, ils ont chassé une équipe venue inspecter les lieux pour l’exploitation de sable à l’aide de branchages et projectiles. L’atmosphère était si tendue que les autorités communales ont dû ouvrir des pourparlers avec les intéressés. En effet, le lundi 17 août 2026, c’est-à-dire au lendemain des tensions dans le village de Podji-Adanmè, le chef d’arrondissement de Sèmè-Podji, Ange Charles Guy Miguel, et le deuxième adjoint au maire de la commune, Cyrille Kouzounhoué, ont successivement rencontré les représentants des maraîchers dont les activités sont menacées et le chef de village de Sèmè-Podji, Robert Hounmènou, pour trouver un terrain d’entente. Comme si cela ne suffisait pas, le chef d’arrondissement de Sèmè-Podji a reçu de nouveau la même délégation. Au cours des échanges, les deux autorités communales, ont signifié à leur vis-à-vis que le promoteur de ladite carrière est détenteur d’une autorisation d’exploitation de site délivrée par les structures compétentes au sommet de l’Etat. Pour le chef d’arrondissement de Sèmè-Podji et le deuxième adjoint au maire de la Commune, le problème dépasse leurs compétences. Malgré cela, maraîchers et populations sont restés campés sur leur position, car selon eux, le président Romuald Wadagni ne saurait cautionner la destruction des activités agricoles au profit d’une carrière. Ils ont d’ailleurs publiquement exprimé leur désarroi au sortir de leur rencontre avec le CA Ange Charles Guy Miguel.
Maraîchers et populations au bord de la détresse
« Nous sommes des maraîchers travaillant dans les bas-fonds de Podji-Adanmè. Nous avons rencontré les autorités pour leur exprimer de vive voix notre désarroi suite à la décision d’installer une carrière de sable dans notre zone agricole qui nous permet depuis des décennies de subvenir à nos besoins vitaux. En saison sèche, nous cultivons de la canne à sucre, de la tomate, du piment et autres à cause de la fraîcheur de cet endroit favorable au développement de nos cultures. Nous y plantons aussi assez de cocotiers. A notre grande surprise, on nous informe qu’un opérateur économique veut transformer nos champs en carrière de sable. C’est pourquoi, comme un seul homme, les populations se sont soulevées pour s’y opposer. A cet effet, nous avons rencontré notre chef d’arrondissement et le deuxième adjoint au maire pour leur dire notre amertume. Podji-Adanmè est une zone agricole depuis le temps de nos ancêtres qui y cultivent des produits maraichers. C’est grâce au maraîchage que nous finançons les études de nos enfants et subvenons à nos besoins. », a fait savoir Firmin Agbanou, porte-parole des maraîchers. Il a été soutenu par le chef-village de Sèmè-Podji. « Ce qui est alarmant est que notre village est entouré de carrières de sable. Plus grave, c’est notre domaine agricole qu’on veut nous arracher. Nous comptons sur la clairvoyance du chef de l’État, le président de la République, Romuald Wadagni, et de son gouvernement, pour nous venir au secours. C’est beaucoup de personnes qui vont se retrouver dans la précarité », a martelé Robert Hounmènou. Contacté par la rédaction, le promoteur de ladite carrière a soutenu détenir bel une autorisation signée des autorités compétentes depuis la fin du mois de juillet dernier et qui lui permet d’étendre sa carrière de Djeffa jusqu’au village de Podji-Adanmè.
Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)
















