L’avènement au pouvoir du président Romuald Wadagni marque un tournant historique dans la communication institutionnelle au Bénin. Soucieux de rendre l’action gouvernementale inclusive et palpable pour chaque citoyen, le régime du président Wadagni a franchi un pas audacieux en brisant la barrière du « tout-en-français ».
À travers la nouvelle approche baptisée « Le gouvernement plus près de nous », les ministres descendent désormais de leur piédestal linguistique pour expliquer les décisions du Conseil des ministres directement dans les langues du terroir. Une petite révolution culturelle et politique qui redéfinit les codes de la gouvernance en Afrique subsaharienne.
Hier, il n’y a pas très longtemps, la communication de l’État béninois est restée largement l’apanage des élites francophones, laissant de côté une immense partie de la population vivant en milieu rural ou n’ayant pas eu accès à l’éducation formelle. Sous le magistère du président Romuald Wadagni, l’exécutif a introduit ce dispositif innovant. Désormais, à l’issue des séances hebdomadaires du Conseil, les membres du gouvernement se prêtent à un exercice de pédagogie nationale. Fon, Yoruba, Bariba, Goun, Dendi, Adja… les langues patrimoniales du Bénin acquièrent leurs lettres de noblesse dans les médias d’État et sur les canaux digitaux officiels.
Dans les capsules vidéo et audio largement relayées sur la page officielle du gouvernement du Bénin, et reprises par plusieurs médias en ligne, on voit et on entend des ministres s’approprier les concepts techniques de leurs portefeuilles respectifs pour les traduire avec fidélité et aisance. Qu’il s’agisse d’expliquer une mesure de subvention agricole, des réformes judiciaires, des projets d’infrastructures ou des filets sociaux, chaque ministre prête sa voix et sa langue maternelle pour toucher sa communauté et l’ensemble de la nation. Par exemple, les ministres originaires du Sud s’expriment couramment en Fon ou en Goun, tandis que leurs homologues du Nord ou de l’Est décortiquent l’actualité gouvernementale en Bariba ou en Yoruba. Cette démarche abolit les rumeurs et les interprétations erronées, en apportant l’information authentique là où elle était autrefois mal comprise.
Un accueil enthousiaste au sein des populations
Du nord au sud, les témoignages des citoyens confirment le succès de cette stratégie participative. Pour de nombreux artisans, commerçants ou agriculteurs, entendre un ministre s’adresser à eux sans intermédiaire linguistique suscite un sentiment de fierté et de considération. « Quand les ministres parlent maintenant dans nos langues, je comprends mieux leurs décisions. C’est très utile pour nous ici au village », confie Raymond Assangbè chef de famille à Pahou. La mise à contribution des locuteurs natifs au sein de l’appareil d’État transforme chaque citoyen en un relais potentiel de l’information publique.
Au-delà de la simple diffusion des actualités, l’ambition à long terme de cette réforme est de bâtir une société béninoise civiquement instruite et juridiquement éduquée. En intégrant les réalités socioculturelles à la communication politique, le gouvernement du président Romuald Wadagni valorise non seulement le patrimoine linguistique national, mais pose également les bases d’un dialogue démocratique plus juste et transparent. Au Bénin, la parole d’État a enfin épousé la voix du peuple.
Le Bénin à l’école du Sénégal
Si l’initiative du gouvernement béninois s’impose comme un modèle de modernité, elle marche dans les pas d’un illustre précurseur qu’est le Sénégal. Depuis plusieurs décennies, le pays de la Teranga a compris que l’action publique ne peut être efficace si elle s’exprime uniquement dans la langue de Molière. Dans l’espace public sénégalais, le Wolof, le Pulaar, le Serer et d’autres langues codifiées se partagent déjà l’arène de la communication d’État. Au Sénégal, l’usage des langues locales par les dirigeants n’est pas une simple option de courtoisie, mais une tradition ancrée de redevabilité. Les ministres, députés et directeurs généraux sénégalais ont ritualisé l’exercice de la double déclaration. Chaque grande annonce officielle ou point de presse ministériel est quasi systématiquement délivré en français, puis repris et explicité en Wolof (langue véhiculaire majeure) pour garantir une imprégnation populaire totale. Il faut dire que cette longue tradition sénégalaise a franchi un nouveau cap institutionnel. Le ministère de l’Éducation nationale a récemment dévoilé un document de politique linguistique nationale destiné à contraindre légalement l’administration et les institutions à utiliser les langues nationales pour communiquer avec les administrés. De plus, les autorités préparent la généralisation de ces langues au cœur même du système éducatif. En s’inspirant de cette trajectoire où la politique s’adapte à la sociolinguistique réelle du pays, le gouvernement du président Romuald Wadagni démontre que le Bénin s’inscrit avec brio dans cette transition culturelle inéluctable pour les États africains du XXIe siècle.
Sergino Lokossou

















