L’Ong internationale Weworld-Bénin a célébré en différé, la Journée de l’enfant africain (Jea). C’était le vendredi 30 juin 2023, avec la communauté scolaire de Dovi-Zounnou dans la Commune de Covè. En marge des manifestations, les cinq meilleurs du jeu concours initié à cet effet ont été primés. Cette activité s’inscrit dans la mise en œuvre du projet Weschools III en partenariat avec l’Ong Fadec.
Placée sous le thème : « Environnement numérique et protection des enfants », la Journée de l’enfant africain (Jea) édition 2023 a été l’occasion pour l’Ong internationale Weworld-Bénin de sensibiliser les enfants âgés de 8 à 18 ans sur les effets néfastes de l’utilisation du téléphone portable et des plateformes digitales de communication. Trois cents écoliers et élèves de Dovi-Zounnou ont été donc conscientisés au sujet de l’hygiène de vie numérique à travers un jeu concours à l’issue duquel, les meilleurs ont reçu des prix. En effet, depuis ces deux dernières décennies, le numérique a envahi la vie des communautés notamment celle des enfants qui utilisent de manière incontrôlée les téléphones portables à l’insu de leurs parents. Une pratique qui les expose aux fausses informations, à la cybercriminalité, au cyber-harcèlement et autres. Bien qu’étant utile pour leurs recherches et leur formation, le numérique est aussi très nocif à la protection des droits des enfants si les parents et les acteurs de protection ne prennent pas la mesure de l’enjeu. Dans sa communication, Florence Ablawa Allognon, superviseure de Weworld dans la zone Dassa-Savalou s’est voulue plus explicite. Selon elle, le numérique est l’ensemble des outils téléphoniques et plateformes de discussions (réseaux sociaux). Ils sont indispensables pour le développement. Par exemple, a-t-elle rappelé, le téléphone portable raccourcit les distances par les appels téléphoniques, et permet de comprendre ce qui se passe dans le monde par le biais des réseaux sociaux, régler les urgences, envoyer et recevoir de l’agent sans bouger, faire des recherches sur internet etc… Cependant, ces outils de communication se révèlent très dangereux pour l’épanouissement des enfants. Et pour cause.
Le numérique, un couteau à double tranchant
Connectés aux plateformes de communication moderne, les enfants s’exposent à des dangers tels que le cyber-harcèlement, la cybercriminalité, la prostitution, le vol, les jeux prohibés, le transfert de données sensibles personnelles à des étrangers, la délinquance juvénile, la déperdition scolaire, l’emprisonnement puis à des maladies. Elle a aussi averti les enfants qui vont poursuivre leur cursus scolaire en ville après leur Cep. A en croire ses propos, en milieu urbain où les vices sont légion, ils auront un accès facile aux cybers ou aux portables Android. « Faites attention pour ne pas tomber dans des clubs de cybercriminalité. La recherche pédagogique ne doit pas être une excuse pour perdre son droit à la liberté, à l’éducation, à la vie en famille et à la santé », a-t-elle prévenu. Ainsi, elle a recommandé que l’utilisation du téléphone portable par un enfant soit strictement limitée dans la mesure du possible à la recherche et à des appels et cela, sous le contrôle strict des parents ou toute autre personne adulte protectrice. « Les portables et les plateformes de discussions ne doivent pas être utilisés par des enfants si leurs parents ne leur donnent pas l’autorisation », a martelé la superviseure. A l’issue de la communication, une vingtaine d’enfants du Cm1 et du Cm2 ont été soumis à un jeu concours au terme duquel, les cinq meilleurs ont reçu des prix constitués des cahiers et des tee-shirts. Quant aux autres concurrents, ils ont gagné des lots de consolation. Judith Rossi, porte-parole des enfants, a salué l’initiative de Weworld qui leur a permis de venir à la lumière puisque dans leur localité, ils sont sous informés. Osé Aguédénon, abonde dans le même sens, mais en promettant aux membres de l’équipe de Weworld de travailler avec ses pairs sur le fait que les droits des enfants sont non seulement vulgarisés, mais respectés. Boniface Kpédjo et Thérèse Lègbanon, tous membres de l’association des parents d’élèves, n’ont pas tari d’éloges à l’endroit de Weworld qui, selon eux, fait beaucoup pour les droits des enfants dans la région Agonlin. « Grâce à cette Ong, le phénomène des grossesses en milieu scolaire a régressé de même que d’autres fléaux qui empêchaient l’épanouissement de nos enfants », a témoigné Thérèse Lègbanon.
Genèse et actions de Weworld
La Journée de l’enfant africain (Jea) a été décrétée le 16 juin 1991 par l’Organisation de l’unité africaine en hommage aux milliers d’étudiants massacrés qui manifestaient pacifiquement à Soweto, en Afrique de Sud, pour exiger une éducation de qualité de la part du pouvoir de l’apartheid, le 16 juin 1976. Elle permet à chaque pays de l’Afrique, d’évaluer situation nationale des enfants qui demeure encore très préoccupante en dépit des efforts qui se font. Au Bénin, l’enquête démographique de santé (Eds) 2017 a révélé que 91,1 % d’enfants béninois âgés de 1 à 14 ans ont été victimes de violences psychologiques ou physiques durant le mois précèdent l’enquête. De même, 23 % des enfants âgés de 5 à 17 ans sont impliqués dans le travail des enfants en menant des travaux dangereux et 3 filles sur 10 sont mariées avant leur maturité. Cette étude révèle de grands défis à relever en matière de protection des droits des enfants. Face à de tels enjeux, Weworld, depuis 2008, a concentré son énergie dans les départements du Zou et des Collines, à travers des actions de formation, d’information et de conscientisation des communautés sur la protection des droits des enfants. Ainsi, elle est devenue une actrice incontournable de protection des droits et de l’amélioration des conditions de vie des enfants tant sur le plan de l’éducation, de la santé que de la paix au Centre-Bénin. Elle s’est donc battue en facilitant aux enfants, l’accès à une éducation de qualité par la construction des modules de classes, la clôture des écoles à ciel ouvert, la réalisation de latrines, la formation des enseignants, l’appui aux mamans afin qu’elles assurent la nourriture et les fournitures scolaires de leurs enfants. « Grâce à l’aide de Weworld, vous êtes soignés, vêtus et vous vivez en famille. Elle vous forme régulièrement sur la protection de vos droits » a rappelé Florence Ablawa Allognon.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)




















