Le gouvernement du Bénin change de stratégie par rapport à la lutte contre le paludisme. En session ordinaire le mercredi 18 février 2026, le Conseil des ministres a décidé de la création de l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques.
Le Benin est résolument engagé pour éliminer le paludisme d’ici 2030. En séance ordinaire mercredi dernier, le Conseil des ministres a décidé de doter le pays d’un instrument spécialisé, souple, autonome et réactif, chargé de conduire une lutte coordonnée, innovante et intégrée contre la malaria et les moustiques. Appelée Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques, cet instrument stratégique sera notamment chargée de concevoir, mettre en œuvre, et évaluer des programmes de démoustication ; renforcer les actions de prévention et la lutte contre la malaria ; réduire l’incidence et la mortalité liées aux maladies transmises par les moustiques et promouvoir la recherche et l’innovation dans le domaine de la lutte antivectorielle. Ladite agence sera également chargée de sensibiliser les populations sur les comportements préventifs et traitements curatifs; appuyer les collectivités locales dans la gestion des nuisances liées aux moustiques et collaborer avec les partenaires, nationaux et internationaux, publics et privés, dans le cadre de sa mission. Les statuts de l’agence ont été approuvés par le Conseil et les ministres concernés ont été instruits de veiller à son opérationnalisation diligente. Encore appelé paludisme, la malaria est une infection causée par les piqûres de certains types de moustiques, et potentiellement mortelle mais ne se transmet pas d’une personne à l’autre. Faut-il le rappeler, depuis plusieurs décennies, le Bénin mène une lutte farouche contre le paludisme et a même mis sur pied le Programme national de lutte contre le paludisme dont l’ancrage a évolué avec le temps. La stratégie du Bénin repose à la fois sur la chimioprévention saisonnière (Cps), la distribution de moustiquaires imprégnées (atteignant 92% des ménages) et le renforcement de la santé communautaire pour atteindre l’objectif d’élimination d’ici 2030. Mieux, le pays a intégré le vaccin antipaludique dans son programme de vaccination de routine depuis avril 2024. Cette volonté se remarque aussi dans le financement de la lutte puisque le budget national pour le paludisme a augmenté, passant de 1 milliard FCfa (2020-2022) à près de 4 milliards FCfa en 2025. Avec la création de l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques, le gouvernement du président Patrice Talon donne un nouvel élan à la lutte contre le paludisme et veut se donner les moyens d’atteindre les objectifs.
Abdourhamane Touré




















